Maladies valvulaires aortiques et lipides : un projet interdisciplinaire de l’institut du thorax

Photo : S. Bellanger

Après un doctorat à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec et un postdoctorat à Harvard, Romain Capoulade a rejoint la laboratoire de recherche de l’institut du thorax en 2017.

Spécialiste de la physiopathologie des maladies des valves cardiaques, ses projets de recherche combinent l’expertise sur les modèles génétiques, cellulaires et animaux, ainsi que sur l’imagerie clinique et préclinique. Son objectif ? Comprendre les mécanismes conduisant à la calcification de la valve aortique et au prolapsus de la valve mitrale. Le but ultime étant, comme toujours, tourné vers les patients.

Romain nous décrit ici le projet interdisciplinaire autour du rétrécissement aortique calcifié qui réunit nos experts médicaux et scientifiques :

« Un véritable enjeu de santé publique dans les années futures »

Source : Fédération Française de Cardiologie

Le rétrécissement aortique calcifié (RAC) est la pathologie valvulaire cardiaque la plus fréquente, se caractérisant par une calcification progressive de la valve. Le RAC se développe tardivement, touchant 2-3% des sujets de plus de 65 ans, et met en jeu le pronostic vital des patients. La seule option thérapeutique disponible à l’heure actuelle est le remplacement valvulaire aortique, qui consiste à l’implantation d’une prothèse valvulaire en lieu et place de la valve native calcifiée.

Les récents développements, principalement autour de la conception et de l’utilisation des valves percutanées, tend à favoriser le recours aux prothèses de type biologiques comparativement aux prothèses mécaniques. Cependant, ces prothèses biologiques dégénèrent elles-aussi, dans un délai de 8 à 10 ans post implantation. Du fait du vieillissement de la population, le RAC tout comme l’incidence de la dégénérescence des bioprothèses vont devenir un véritable enjeu de santé publique dans les années futures.

Remplacement d’une valve aortique par voie percutanée, ou « mini-invasive »

Au sein de l’équipe de recherche Cardiovascular Genetics de l’institut du thorax, des programmes de recherche ont été développés, avec pour objectif d’identifier la composante génétique associée à différentes valvulopathies, et tout particulièrement pour le RAC, ainsi que les mécanismes physiopathologiques sous-jacents. Les résultats obtenus en génétique identifient une implication de mécanismes liés aux lipides et à l’inflammation, à la fibrose et à la calcification.  

Un projet de recherche a donc été initié afin de déterminer le rôle des facteurs lipidiques dans le processus de développement du RAC et de la dégénérescence des bioprothèses. Conjointement aux autres financements obtenus, tel qu’un financement européen de type ERA-CVD sur le rôle de PCSK9 dans le développement de la calcification aortique, le financement de la fondation Genavie a permis d’initier un projet sur cette thématique s’articulant sur une connexion forte entre plusieurs équipes :

Grades de calcification de la valve aortique.

Les résultats attendus vont permettre une meilleure compréhension des mécanismes physiopathologiques impliqués dans la calcification de la valve aortique et la dégénérescence des bioprothèses, et ainsi améliorer la prise en charge médicale des patients.

Retrouvez Romain Capoulade en vidéo :


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L’histoire des deux cousins ou quand nos spécificités régionales deviennent un outil de recherche biomédicale. 1996 – Deux patients hospitalisés dans le service de cardiologie de l’institut du thorax souffrent d’un prolapsus mitral. D’ordinaire, la valve mitrale impose un sens unique à la circulation du sang dans le cœur. Chez ces patients, cette valve fuit et entraîne une insuffisance cardiaque, maladie chronique très invalidante qui provoque, entre autres, une fatigue intense. Le prolapsus mitral touche 2% de la population mondiale. Son mécanisme est inconnu et il n’existe pas de prévention. Lire l’article