Un nouveau souffle pour la recherche sur l’asthme

(Photo by Gaetano Cessati on Unsplash)

L’asthme est une pathologie chronique du poumon. Sa prévalence a drastiquement augmenté au cours des dernières décennies et dépasse aujourd’hui les 4 millions de personnes en France.

La maladie se caractérise par des épisodes de gêne respiratoire sifflante, résultant de l’inflammation de l’épithélium et de la contraction des cellules musculaires lisses bronchiques (bronchoconstriction) associée au gonflement des parois. Cela conduit à une réduction du diamètre des bronches.

Les solutions thérapeutiques existantes sont souvent inefficaces dans les formes les plus sévères. C’est pourquoi une meilleure compréhension des mécanismes impliqués dans le développement de l’asthme permettrait de déterminer de nouvelles cibles thérapeutiques et développer de nouveaux traitements.

Au laboratoire de l’institut du thorax, au sein de l’équipe de recherche « Signalisation et physiopathologie vasculaire et pulmonaire », dirigée par le Dr Gervaise Loirand, nous avons mis en évidence chez la souris et chez l’homme que la protéine Rac1 joue un rôle majeur dans la contraction de ces cellules musculaires lisses bronchiques. Ces résultats suggèrent que la protéine Rac1 pourrait être impliquée dans l’hyperréactivité bronchique associée à l’asthme allergique.

Afin de confirmer cette hypothèse, des souris asthmatiques ont été obtenues par sensibilisation à des extraits d’acariens. Chez ces souris asthmatiques, nous avons montré que les niveaux d’activité de la protéine Rac1 sont augmentés dans les bronches, et que cette activation de Rac1 joue un rôle essentiel dans l’hyperréactivité bronchique. Nos résultats identifient Rac1 comme une nouvelle cible thérapeutique contre l’asthme.

Afin de valider l’intérêt thérapeutique de cette cible chez l’homme, nous avons besoin de confirmer qu’une augmentation de l’activité de Rac1 est également retrouvée dans les cellules musculaires lisses bronchiques des patients asthmatiques.

Grâce au financement de la fondation Genavie obtenu par les Drs Vincent Sauzeau et Florian Dilasser, nous avons mis au point une technique permettant de détecter les niveaux d’activité de Rac1 directement dans des biopsies bronchiques issues de patients.

Détection de l’activité de Rac1 dans les biopsies bronchiques d’un individu sain et d’un patient asthmatique. (Images l’institut du thorax)

Sur ces figures, on détecte peu de Rac1 actif (rouge) chez le patient sain. A l’inverse, chez les patients asthmatiques, nous observons comme attendu, une augmentation du muscle bronchique (vert) dans lequel est retrouvée une forte activité de Rac1.

Cette étude pilote nécessite d’être validée sur un plus grand nombre d’individus. Le recrutement de patients asthmatiques est en cours dans le service de pneumologie de l’institut du thorax, au CHU de Nantes.

Si ces résultats se confirment, Rac1 deviendrait une nouvelle cible thérapeutique contre l’asthme sévère. A long terme, ceci conduirait au développement de nouveaux traitements pour les asthmatiques sévères contenant un inhibiteur de Rac1.

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